sfy39587stp17
Aller au contenu principal

Fraude en entreprise : ces signaux internes qui doivent vous alerter

La fraude en entreprise représente un fléau économique majeur, coûtant aux organisations environ 5 % de leurs revenus annuels à l'échelle mondiale, soit plus de 5 000 milliards de dollars de pertes. Selon l'Association of Certified Fraud Examiners (ACFE), 32 % de ces cas surviennent en raison de l'absence de contrôles internes. Pourtant, plus de la moitié de ces fraudes auraient pu être évitées grâce à une meilleure vigilance.

Le profil type du fraudeur, selon une étude KPMG portant sur 256 cas de fraude impliquant 669 individus sur cinq ans, est celui d'un homme âgé de 36 à 55 ans, bénéficiant d'une ancienneté significative et d'une réputation établie au sein de l'organisation. Ces individus occupent généralement des postes de confiance, notamment dans les fonctions Finance, Opérations ou Direction générale, là où ils disposent d'un « pouvoir décisionnel et d'un accès direct aux ressources ».

Les signalements constituent de loin la méthode la plus efficace pour détecter la fraude, représentant 43 % des cas découverts, soit trois fois plus que toute autre méthode. Plus de la moitié de ces alertes (52 %) proviennent des employés eux-mêmes, tandis que les clients (21 %) et les fournisseurs (11 %) représentent également des sources importantes d'information.

Les signaux d'alerte à ne pas ignorer

Parmi les indicateurs les plus fréquents figurent les anomalies dans les relevés financiers : transactions inexpliquées, modifications non autorisées des informations bancaires ou incohérences dans les registres comptables. Les comportements de camouflage, tels que l'utilisation de VPN ou l'accès depuis des zones géographiques inhabituelles, doivent également éveiller les soupçons.

La fraude au président reste l'une des menaces les plus répandues. Elle repose sur l'usurpation d'identité d'un dirigeant pour obtenir un virement urgent, en jouant sur « l'urgence, la confidentialité et la pression hiérarchique ». La fraude aux faux fournisseurs, quant à elle, exploite les processus achats insuffisamment sécurisés pour détourner les paiements vers des comptes frauduleux.

Les changements répétés de coordonnées bancaires, les paiements fragmentés destinés à contourner les seuils de détection, ou encore les réclamations excessives sur des produits non reçus constituent autant de signaux qui méritent une attention particulière. Dans 55 % des cas, la fraude implique plusieurs complices, généralement entre deux et cinq individus travaillant de concert.

Se protéger efficacement

Face à ces menaces, les experts recommandent d'établir des règles claires pour valider les paiements, avec des seuils définis et une double validation sur les opérations sensibles. La vérification systématique des changements de coordonnées bancaires et la séparation des tâches dans les processus critiques constituent des remparts essentiels. Comme le souligne BNP Paribas, « dans la majorité des cas, la fraude ne contourne pas les systèmes : elle contourne les personnes ».

La formation régulière des équipes, en particulier celles chargées des transactions, permet de reconnaître les tentatives d'ingénierie sociale qui demeurent le point d'entrée de nombreuses cyberattaques. Une culture interne du signalement renforce considérablement le dispositif de détection.

Les nouvelles technologies compliquent encore la donne. Le vishing (phishing vocal) a connu une explosion de 442 % entre le premier et le second semestre 2024. L'intelligence artificielle rend les tentatives de fraude plus réalistes et moins détectables, renforçant l'importance des contrôles humains. Si une couche d'IA peut aider à prioriser les alertes, la vigilance des collaborateurs reste irremplaçable.

Au-delà des pertes financières directes, la fraude affecte durablement la confiance des partenaires, des clients et des collaborateurs. Dans un contexte où la justice se montre de plus en plus sévère envers les fraudeurs, la prévention constitue le meilleur investissement pour préserver l'intégrité et la réputation de l'entreprise.

sfy39587stp16