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Bolloré : les prix du pétrole portent le chiffre d'affaires du T3 à 937 M€

Bolloré SE a publié un chiffre d'affaires de 937 millions d'euros pour le troisième trimestre 2026, en hausse de 53 % à périmètre et taux de change constants. Cette progression tient presque entièrement à l'effet prix de Bolloré Energy, les volumes vendus étant, eux, en baisse.

Le groupe a détaillé ces chiffres dans son communiqué « Information financière du troisième trimestre 2026 », diffusé le 23 octobre 2026 via GlobeNewswire. En données publiées, la hausse atteint 49 %, contre 630 millions d'euros un an plus tôt. L'écart entre les deux taux s'explique par un effet de périmètre de -17 millions d'euros, lié surtout à la sortie d'Ovrsea.

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Cette société est sortie du périmètre du groupe en décembre 2025, après sa fusion avec Fusalpes. Les chiffres publiés ne reflètent donc plus son activité, ce qui pèse sur la comparaison avec l'an dernier. À périmètre constant, la dynamique du trimestre apparaît plus nette encore.

Un trimestre porté par l'effet prix de Bolloré Energy

Le moteur de ce trimestre est Bolloré Energy. Sa branche a réalisé 851 millions d'euros de chiffre d'affaires au troisième trimestre, contre 530 millions d'euros un an plus tôt. La hausse est de 60 % en publié et de 61 % en organique.

Il faut lire ce chiffre avec nuance. Le communiqué attribue cette progression à la hausse des prix des produits pétroliers, et non à une activité plus soutenue. Les volumes vendus ont en effet reculé de 9 %, en partie à cause de ces prix élevés. L'effet prix explique donc la quasi-totalité de la hausse, tandis que les quantités livrées diminuent.

Sur neuf mois, la tendance est la même. Bolloré Energy affiche 2 318 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre 1 867 millions d'euros un an plus tôt, soit +24 %. Les prix sont en hausse dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, alors que les volumes reculent de 11 %.

Ce contexte a déjà été évoqué par Méditerranée : le baril a flambé après les frappes sur l'Iran, et le détroit d'Ormuz fermé a nourri les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial. Les résultats de Bolloré Energy illustrent la façon dont ces mouvements se répercutent sur le chiffre d'affaires d'un distributeur de produits pétroliers.

À l'échelle du groupe, la progression sur neuf mois est plus mesurée que celle du seul troisième trimestre. Le chiffre d'affaires atteint 2 581 millions d'euros, contre 2 178 millions d'euros pour les neuf premiers mois de 2025. Cela représente +21 % à périmètre et taux de change constants, et +19 % en publié, avec un effet de périmètre de -48 millions d'euros.

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Le calendrier trimestriel montre une accélération nette. Le groupe a réalisé 815 millions d'euros au premier trimestre 2026, 829 millions d'euros au deuxième, puis 937 millions d'euros au troisième. Pour le premier semestre, Zonebourse indiquait un chiffre d'affaires de 1,644 milliard d'euros, en hausse de 8 % en organique.

La base de comparaison joue aussi un rôle. Le troisième trimestre 2025 avait reculé de 24 %, à 630 millions d'euros, en raison de la baisse des cours pétroliers selon Reuters. Le niveau de départ était donc faible, ce qui amplifie mécaniquement la hausse de cette année.

Les autres activités pèsent beaucoup moins. L'Industrie a réalisé 76 millions d'euros au troisième trimestre, contre 73 millions d'euros un an plus tôt, soit +4 %. Cette croissance vient des Systèmes, portés par les activités d'Automatic Systems, malgré le recul de l'activité Blue.

Sur neuf mois, l'Industrie totalise 232 millions d'euros, contre 229 millions d'euros, soit +2 % en organique. Les Films progressent grâce à des volumes et des prix en hausse pour les films diélectriques et l'emballage, et les Systèmes contribuent aussi à cette croissance. Les activités Blue reculent, surtout Bluebus.

Le pôle « Autres », qui regroupe les actifs agricoles et la holding, affiche 10 millions d'euros au troisième trimestre, contre 27 millions d'euros en publié l'an dernier. Cela représente -63 % en publié, mais +3 % en organique, grâce à de meilleurs revenus immobiliers. Sur neuf mois, le pôle est à 31 millions d'euros, contre 82 millions d'euros, soit -62 % en publié et -3 % en organique. La sortie d'Ovrsea y représente 50 millions d'euros de chiffre d'affaires brut.

Bluebus, rachats d'actions et dividendes exceptionnels

Le communiqué revient aussi sur plusieurs dossiers structurants, à commencer par Bluebus. Annoncée le 8 septembre, la proposition de Bolloré SE consiste à arrêter la production de bus électriques Bluebus, avec jusqu'à 74 postes supprimés. Le groupe invoque un marché français moins dynamique, une concurrence intense et une pression sur les prix.

Le groupe résume sa position par cette phrase : « Bluebus is not large enough to compete with other players in the sector », que l'on peut traduire par : Bluebus n'a pas la taille suffisante pour concurrencer les autres acteurs du secteur. Un industriel européen a par ailleurs fait une offre sur certains actifs, afin de limiter le coût social de l'opération.

Bolloré SE propose en outre de recentrer Blue Solutions sur les batteries de quatrième génération. Cette orientation s'accompagnerait de la suppression de jusqu'à 41 postes.

Le groupe poursuit par ailleurs la simplification de sa structure. Depuis janvier 2026, Compagnie de l'Odet a acheté 114 millions d'actions Bolloré SE au prix de 4,39 euros, soit 4,1 % du capital. L'opération représente 502 millions d'euros, dont 15 millions d'actions détenues par des filiales de Bolloré SE pour 81 millions d'euros.

Les distributions exceptionnelles occupent également une place importante dans l'information financière. Bolloré SE a versé un dividende exceptionnel de 4,2 milliards d'euros en juin 2026. Compagnie de l'Odet a de son côté versé un acompte exceptionnel de 2,5 milliards d'euros le 29 septembre 2026.

Cet acompte a été largement reversé par Sofibol, Financière V et Omnium Bolloré. Bolloré SE et ses filiales en ont reçu environ 2 milliards d'euros au total. D'autres sociétés du groupe ont suivi le 7 octobre 2026, avec des acomptes exceptionnels détaillés dans le communiqué.

Compagnie du Cambodge a versé 13 euros par action, soit 789 millions d'euros. Financière Moncey a distribué 14 euros par action, soit 261 millions d'euros, et la Société Industrielle et Financière de l'Artois 650 euros par action, soit 173 millions d'euros.

Le communiqué rappelle enfin le volet judiciaire lié à Vivendi. Le 8 juillet 2026, la cour d'appel de Paris, en formation élargie, a rejeté toutes les demandes du fonds CIAM. Elle a jugé que Bolloré SE ne contrôlait pas Vivendi SE, ni directement ni de concert.

Le fonds a été condamné à verser 350 000 euros de frais, dont 200 000 euros à Bolloré SE. CIAM s'est pourvu en cassation le 27 juillet 2026. L'affaire reste donc ouverte devant la juridiction suprême.

Au total, ces résultats montrent un groupe dont le chiffre d'affaires dépend fortement des cours pétroliers. Le trimestre est spectaculaire en valeur, mais la baisse des volumes de Bolloré Energy, de 9 % sur le trimestre et de 11 % sur neuf mois, nuance cette performance.

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