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Jul contraint de quitter Marseille après des menaces de la DZ Mafia

Le rappeur marseillais Jul, artiste le plus écouté sur Spotify en France pendant cinq années consécutives, aurait été contraint de quitter Marseille après avoir été la cible de menaces d'extorsion attribuées à la DZ Mafia, selon des informations révélées le 30 juillet 2026 par plusieurs médias spécialisés. Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le milieu criminel marseillais et les personnalités publiques de la cité phocéenne.

Selon les informations révélées par Damien Delseny, journaliste au Parisien et rédacteur en chef adjoint du service police-justice, la DZ Mafia « s'est entreprise de racketter Jul, comme d'autres rappeurs ». Le groupe estimerait pouvoir collecter « sa dîme sur tout ce qui fait de l'argent dans son secteur », considérant les artistes originaires des quartiers nord comme des sources potentielles de revenus. Jul aurait été sommé de reverser une partie substantielle de ses revenus, une exigence à laquelle il aurait refusé de se plier.

Face à ces pressions, le rappeur marseillais aurait pris la décision de s'éloigner de sa ville natale pour garantir sa sécurité et celle de ses proches. Plusieurs sources concordantes évoquent une relocalisation en Corse, bien qu'aucune déclaration officielle de l'artiste n'ait confirmé ces informations. Ce départ forcé représente un tournant majeur pour Jul, qui a construit toute son identité artistique autour de Marseille, mentionnant systématiquement sa ville dans ses textes et faisant de la cité phocéenne l'un des piliers de son image publique depuis ses débuts en 2014.

Un scénario qui rappelle l'affaire SCH

Cette affaire n'est pas sans rappeler le cas de SCH, autre figure emblématique du rap marseillais, qui avait échappé de peu à une tentative d'assassinat en août 2024. Le rappeur avait modifié ses plans de déplacement au dernier moment, évitant ainsi d'être présent lors d'une fusillade qui avait coûté la vie à l'un des membres de son entourage et blessé un autre. L'enquête avait pointé du doigt la DZ Mafia dans un contexte similaire de menaces et de tentatives d'extorsion. Depuis cet incident tragique, SCH avait également quitté Marseille pour s'installer à Paris après plusieurs alertes sécuritaires.

La DZ Mafia, réseau structuré originaire des quartiers nord de Marseille, fait l'objet d'accusations portant sur de nombreux crimes incluant meurtres, assassinats commandités, trafic de stupéfiants et enlèvements. Vingt-six personnes ont été mises en examen cette année dans le cadre de l'opération Octopus, dont deux rappeurs de la ville. Le groupe aurait étendu son terrain d'action au-delà du simple narcotrafic pour s'attaquer désormais à toute personnalité publique susceptible de générer des revenus importants, incluant influenceurs, artistes et même élus locaux.

Jul, de son vrai nom Julien Mari, est né en 1990 et compte parmi les artistes les plus prolifiques du rap français avec 25 albums studio et 12 mixtapes à son actif. Depuis février 2020, il détient le record de ventes dans l'histoire du rap français, dépassant les 7 millions d'exemplaires vendus en 2023. Son album My World reste son plus grand succès commercial avec 640 000 ventes, lui valant une certification diamant. Sur le plan du streaming, l'artiste a dominé Spotify France de 2021 à 2025, devenant le premier rappeur français à franchir la barre des 500 millions d'écoutes avec six projets différents, dont Rien 100 Rien qui totalise 950 millions de streams.

Une menace qui s'étend au-delà du rap marseillais

L'affaire Jul illustre une tendance inquiétante : la multiplication des tentatives d'extorsion visant des célébrités issues des quartiers populaires marseillais. Avant le rappeur, l'influenceuse Carla Moreau avait également été la cible de pressions similaires de la part de la DZ Mafia, contraignant plusieurs personnalités publiques à renforcer drastiquement leurs dispositifs de sécurité ou à quitter la région. Les autorités judiciaires ont ouvert plusieurs enquêtes pour tenter de démanteler ces réseaux d'extorsion, mais le groupe semble avoir développé un modèle économique systématique ciblant toute personne ayant acquis une notoriété ou des revenus conséquents.

Pour l'instant, Jul n'a communiqué aucune déclaration publique concernant ces allégations, maintenant le silence sur sa situation personnelle et sa localisation actuelle. Ses équipes n'ont pas non plus répondu aux sollicitations médiatiques. Cette discrétion contraste avec la présence habituelle de l'artiste sur les réseaux sociaux, où il partage régulièrement des extraits de sa vie quotidienne et de son processus créatif. L'absence de communication pourrait refléter la gravité de la situation et les conseils de sécurité prodigués par les forces de l'ordre.

Cette affaire soulève également des questions plus larges sur la sécurité des artistes français issus de milieux populaires et sur la capacité des autorités à protéger les personnalités publiques face à des réseaux de plus en plus structurés. Le cas de Jul et de SCH démontre que le succès artistique et commercial peut paradoxalement représenter un facteur de risque majeur pour les rappeurs originaires de zones géographiques contrôlées par certains collectifs. Plusieurs voix du milieu culturel appellent désormais à une mobilisation des pouvoirs publics pour garantir la liberté de création et la sécurité des artistes, quel que soit leur lieu d'origine.

Au-delà du cas individuel de Jul, cette situation met en lumière les défis sécuritaires auxquels fait face Marseille, deuxième ville de France, où les règlements de comptes liés au narcotrafic ont fait des dizaines de victimes ces dernières années. Les tentatives d'extorsion visant des célébrités représentent une nouvelle dimension de l'activité de ces groupes, témoignant de leur volonté de diversifier leurs sources de revenus et d'étendre leur emprise au-delà des seuls circuits du trafic de stupéfiants vers l'économie légale.

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