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Corse : Alain Orsoni, figure du nationalisme, abattu aux obsèques de sa mère

L'ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, 72 ans, a été abattu par balle ce lundi 12 janvier 2026 à Vero, en Corse-du-Sud, alors qu'il assistait aux obsèques de sa mère. Cette figure emblématique du mouvement indépendantiste, reconvertie dans le monde du football professionnel, a été touchée par un unique projectile vers 16 heures dans ce village de la vallée de la Gravona, au nord d'Ajaccio.

Le drame s'est produit dans des circonstances particulièrement choquantes. Selon les premiers éléments de l'enquête, Alain Orsoni venait de participer à la cérémonie d'enterrement de sa mère lorsqu'un tireur l'a visé. Les secours sont immédiatement intervenus, mais n'ont pu que constater le décès de l'ancien président de l'AC Ajaccio. Un périmètre de sécurité a été rapidement mis en place autour du village de Vero.

Le procureur de la République d'Ajaccio, Nicolas Septe, s'est rendu sur les lieux pour superviser les premières constatations. L'enquête, confiée aux services de police judiciaire, s'annonce complexe dans un contexte où le grand banditisme corse continue de sévir.

Un parcours marqué par le nationalisme et le football

Alain Orsoni était un militant nationaliste de la première heure. Élu à l'Assemblée territoriale de Corse en 1986 sous l'étiquette du Mouvement corse pour l'autodétermination (MCA), il avait ensuite fondé le Mouvement pour l'autodétermination (MPA) en 1990. Après des années d'exil en Amérique latine et en Espagne, il était revenu sur l'île de Beauté en 2008.

Sa reconversion dans le monde du football lui avait permis de prendre la présidence de l'AC Ajaccio en juillet 2008, poste qu'il avait occupé jusqu'en 2015. Sous sa direction, le club corse avait connu des fortunes diverses, mais cette période avait également été marquée par des controverses liées, selon plusieurs sources judiciaires, à des connexions avec le milieu du grand banditisme local.

Une famille endeuillée par la violence

La trajectoire d'Alain Orsoni est intimement liée à la violence qui gangrène depuis des décennies l'île de Beauté. Son frère Guy avait été assassiné en 1983, un drame qui l'avait profondément marqué. En hommage à ce frère disparu, il avait prénommé son fils Guy. Ce dernier était décrit par les enquêteurs comme une figure montante du banditisme corse.

L'ancien dirigeant nationaliste n'en était pas à sa première confrontation avec la mort. En 2008, peu après son retour en Corse et sa prise de fonction à la tête de l'AC Ajaccio, il avait échappé de justesse à une tentative d'assassinat. Dix-huit ans plus tard, ses ennemis ont finalement atteint leur cible.

Cet assassinat en pleine cérémonie funéraire illustre une nouvelle fois la brutalité du milieu criminel corse, qui n'hésite pas à frapper dans les moments les plus intimes. Les autorités n'ont pour l'instant communiqué aucune piste officielle, mais l'enquête devrait explorer les nombreuses inimitiés qu'Alain Orsoni avait pu accumuler au cours de ses différentes vies, politique, sportive et sulfureuse.

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