L'Italie baisse les impôts de la classe moyenne grâce à une taxe sur les banques
Le Parlement italien a adopté le 30 décembre 2025 un budget 2026 marqué par une réforme fiscale majeure : la baisse du taux d'imposition de 35% à 33% pour les classes moyennes, financée par une contribution exceptionnelle de 11 milliards d'euros prélevée sur les banques et assurances sur trois ans. Une mesure que Giorgia Meloni qualifie de « sérieuse et responsable ».
C'est une promesse de campagne que la Première ministre italienne concrétise enfin. Après des mois de négociations, le quatrième budget du gouvernement Meloni vient d'être voté par la Chambre des députés, avec pour mesure phare une réduction d'impôt ciblant les revenus compris entre 28 000 et 50 000 euros annuels. Le taux marginal d'imposition passe ainsi de 35% à 33%, offrant une économie maximale de 440 euros par an aux contribuables concernés.
Cette baisse d'impôt, estimée à environ 2,9 milliards d'euros, bénéficiera à quelque 13 millions de contribuables italiens. « Ce budget concentre les ressources limitées disponibles sur certaines priorités fondamentales : les familles, l'emploi, les entreprises et la santé », a déclaré Giorgia Meloni lors de la présentation du texte.
Les banques mises à contribution pour 11 milliards d'euros
Pour financer cette réforme sans creuser le déficit, le gouvernement italien a choisi de faire contribuer massivement le secteur financier. Les banques et compagnies d'assurance devront verser environ 4,3 milliards d'euros en 2026, puis des montants similaires en 2027, et plus de 2 milliards en 2028. Au total, ce sont 11 milliards d'euros sur trois ans que Rome prélèvera sur un secteur bancaire « solide, bien capitalisé et parmi les plus rentables en Europe », selon Fabrizio Balassone de la Banque d'Italie.
Le ministre de l'Économie Giancarlo Giorgetti a tenu à rassurer : « Il ne s'agit pas d'une taxe punitive, mais d'une mesure de responsabilité. L'intervention n'augmente pas la pression fiscale, elle redistribue le poids pour soutenir les familles et les travailleurs. » Une position que les établissements bancaires italiens semblent accepter, même si certains analystes s'interrogent sur les répercussions à moyen terme sur le crédit.
Une réforme qui fait débat
Si le gouvernement présente cette mesure comme un soutien à la classe moyenne en difficulté, l'opposition conteste cette lecture. Selon l'Office parlementaire du budget (UPB), 85% des bénéfices de cette baisse d'impôt iront aux deux cinquièmes les plus aisés de la population. « Environ la moitié du coût fiscal bénéficiera aux 8% de contribuables les plus riches, ceux gagnant plus de 48 000 euros par an », a souligné Lilia Cavallari, présidente de l'UPB.
L'économiste Maria Cecilia Guerra, du Parti démocrate, va plus loin : « Une personne gagnant 150 000 euros est riche. Cette mesure alloue des ressources substantielles à ceux qui en ont le moins besoin. » En effet, les cadres bénéficieront en moyenne de 408 euros d'économie, contre seulement 23 euros pour les ouvriers.
Ce budget s'inscrit dans une stratégie plus large visant à ramener le déficit italien à 2,8% du PIB en 2026, contre 3% prévu en 2025. Un effort qui devrait permettre à Rome de sortir de la procédure de déficit excessif de l'Union européenne. Le budget prévoit également 6,6 milliards d'euros pour la santé publique et une aide de 1 500 euros par enfant pour les familles modestes choisissant l'école privée.